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La poste comme vous ne l'avez jamais vue.

Plume-encreJ'ai écrit une lettre à mon cousin. Il habite loin. On se voit peu, alors comme il n'a pas internet, nous communiquons comme nous le pouvons. On s'appelle évidemment régulièrement mais par la poste, on s'envoie aussi des photos.

Me voici donc, à 15h, dans la file d'attente d'un tout petit bureau de poste. Après un rapide calcul, il y a 20 ou 25 personnes devant moi. Je suis obligé de  patienter devant la porte d'entrée. La queue est trop longue pour me permettre d'être à l'intérieur. Vous remarquerez, dans les files d'attentes,  que nous soyons à Paris, Bordeaux, Lyon, Toulouse ou encore à Bab-el-Oued, il y toujours les même personnes devant nous.

Je jette un regard dans l'assistance. La première personne que je remarque est un homme. Propre sur lui, il est vêtu d'un costard crème et d'une chemise blanche. Les cheveux gominés, tirés en arrière, il attire mon attention parce qu'il regarde sa montre frénétiquement toutes les 1m43sec. Il a la ponctualité d'une personne souffrant de TOC. (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Je remarque aussi qu'à chaque fois qu'il regarde sa montre, il se déhanche,
changeant l'appui de jambe, et il se met à souffler en jetant un regard noir vers l'hôtesse du guichet qui semble faire son travail aussi vite qu'elle le peut. D'ailleurs, à bien la regarder, elle ne sourie pas du tout. Pourquoi? Peut être parce que voir une file d'attente de clients impatients qui s'étire jusque devant le bureau de poste est assez démotivant. D'autant plus quand votre collègue de droite vous crie: "Michéle!!!! Michéleee!! C'est ma pause, je ferme!!! Messieursssss, dammesss, veuillez passer sur la file d'atteeennte de ma collègue!!"

Smiley 0002.gif
Maintenant, la queue s'étend jusque sur le parking. L'hôtesse du guichet tapote frénétiquement sur une calculatrice et baisse la tête comme quelqu'un au bord de la dépression. Pourvu qu'elle n'ai pas l'idée de se suicider aujourd'hui en se poignardant avec la paire de ciseaux posée à coté d'elle. Il me faudrait revenir demain et je serais obligé de lui porter secours. Remarque, cela me http://www.autocadre.com/forum/style_emoticons/default/smiley_709.gif ferai passer devant tout le monde. Hum, c'est une solution comme une autre. Après une  courte hésitation, une petite voix intérieure résonne et me pousse à me dire: Allez vas-y, attrape les ciseaux!! Ils sont à côté. Vas-y... attrape-les...qu'attends-tu? Finis-en avec tout ça.  Tu ne souffrira qu'un cours instant et tout sera terminé... pour toujours.

A ma grande surprise, sa main dérape alors sur les ciseaux. Elle les saisit. Je suis étonné de voir que la scène se déroule comme je l'ai imaginée, à ceci près qu'elle coupe simplement un ruban avant de les reposer avec douceur sur le comptoir. Pas de sang. Pas de cris. Pas d'urgence. Merde!!! Je vais devoir patienter et attendre mon tour.

Une odeur m'extirpe alors de ma pensée. Une odeur âcre, amère, acide à vous faire presque pleurer mais qui me tire tout de même un rictus de dégoût. Je tourne la tête derrière moi. Je cherche sa provenance. L'origine n'est pas difficile à trouver. Il y a une personne là-bas, dont tout le monde s'est écartée et que la foule regarde avec dégoût. Il s'agit d'un petit papi. A en juger par la propreté de ses vêtements, j'imagine qu'il a dû changer son slip il y a 6 mois. Comme on dit ici: Il doit avoir les bonbons qui collent au papier. Je vous laisse imaginer!

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Si j'ai de la peine pour lui, certains réagissent avec agressivité et expriment leur dégoût à voix haute, pour être sûr d'être entendu par le principal intéressé.

Je regarde à nouveau la file devant moi. C'est bientôt à moi de passer. Une heure et demi d'attente plus tard, je n'ai pas intérêt à laisser passer mon tour. Les gens sont prêt à vous bousculer, faire tomber, piétiner pour passer devant vous. Mais je suis à l'affût. Personne ne passera, quitte à jouer des coudes de temps en temps.

Ouf!!! Ça y est, je suis passé. Je me met sur le coté car j'ai un papier à remplir avant de le glisser sensuellement, langoureusement, doucement mais sûrement, par la petite fente de la petite boite...jaune fluo!! Vous avez déjà pensé à l'érotisme du fait de poster une lettre? Non?

Tout d'abord il faut la chercher du regard. Ensuite, une fois repérée, il faut vous assurer qu'il n'y à personne devant vous, car la fente n'accepte qu'une lettre après l'autre. Quand enfin toutes les conditions sont réunies, il faut s'en approcher avec douceur. Pourquoi avec douceur?? Parce que si vous y allez brutalement, ça ne sert à rien. Votre courrier ne partira pas plus vite.

Maintenant que vous êtes à proximité et que vous visualisez la fente. Saisissez l'objet à introduire. Prenez la position la plus adéquate en vous tenant bien en face car vous risqueriez de louper la cible au dernier moment et cela peut être gênant. N'oubliez pas, l'essentiel, c'est de ne rien lâcher et de ne pas perdre de vue l'objectif de la mission. Vous avez le droit de toucher la boîte en posant l'autre main dessus, comme pour l'immobiliser. Maintenant vous vous sentez puissant et prêt du but. Elle ne peut plus vous échapper. Remarquez que certains introduisent l'autre main dans la fente avec la lettre pour ouvrir le clapet. S'ils pouvaient y mettre le bras, ils le feraient sans hésiter. C'est sans doute dû à un complexe de la taille de l'objet à y introduire. Ils ont peur que l'objet se torde, se déforme, se plie et ne finisse par ne pas rentrer.

Une fois introduit, l'objet est lâché. L'instant est fugace mais donne le sentiment de la mission accomplie. Ça c'est fait!! On peut même surprendre certaines personnes sourire fièrement après cet acte....

Peut-on pousser le vice à parler de fidélité à une fente bien particulière?! Sans doute que oui... étonnant quand même...

L'infirmier complêtement toqué.

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N
Ta description du postage de lettre est d'un excitant je suis toute émoustilléeJe pensais pas pas qu'on pouvait rendre cet acte si simple aussi érotiquedommage que je n'ai pas un infirmier sous la main, je lui demanderai bien de me poster une lettre
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A
Hey coucou !!!!!!!!!!! Moi j'ai la chance dans mon bled pourri du 32 il y a pas une aussi longue queue pour attendre. Mais tout l'art de la mise en boite de la lettre tu la décris à merveille un plaisir de lecture. Bonne continuation :)
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D
MdrVous voyez, qu'on soit dans n'importe quelle ville, on finit toujours par rencontrer les même personnes.... etonnant quand même....Bisoussssssssss à vous deux et à tout le mondeMerci bcp d'avoir laissé un petit mot, ca fais plaisir.
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L
Coucou Dan,Déjà quand je vais à la poste c'est à l'ouverture à 9h pétante, là tu es sur de passer rapidement!Et l'histoire de l'odeur ça me rapelle un truc qui m'était arrivé quand j'étais enceinte. Là les odeurs tu les sent puissance 2. J'étais à la poste, j'attendais mon tour et là une fille qui c'était aspergée de patchouli est rentrée!!! je hais se parfum!! Et ben rien qu'avec l'odeur je suis tombée dans les pommes!! J'avais pas l'air fine les 4 fers en l'air!! loolY en a qui devrait mettre du parfum et d'autres qui en mettent trops, alors que faire???Passes une bonne soiréeBizouxxxx
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É
alors j'ai le même problème mais avec moi derrière le guichet (pas de la poste hein).quand y'a du monde y'a ceux qui attendent tranquillement, ceux qui se collent aux autres, ceux qui piétinent et vous regarde méchaement et ceux qui ont oublié le déo le matin.et comme chaque est différent, je réserve un accueil différent pour certain...j'vous laisse imaginer l'accueil pour celui qui a un regard noir ...aprés pour l'histoire de la "fente" j'dis rien :x
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