La pression du boulot...

Publié le par Dan

http://s.tf1.fr/mmdia/i/86/2/sxc-couloirs-hopital-2368862_224.jpgDes fois nous avons tellement de travail que nous sommes obligé d'aller très vite dans nos actes. Pas  le temps de discuter, pas le temps de rêver, pas le temps d'écouter les malades.
Il faut être rapide, précis, efficace, multitâche, polyvalent, flexible, patient, organisé, productif, rentable, économe et en plus.... il faut se montrer souriant et disponible même si ce n'est pas vrai.

A midi, nous avons une heure pour manger à la pause déjeuner et il arrive que ce soit le seul moment de la journée où nous puissions boire un verre d'eau, manger un bout et aller aux toilettes. Nous n'avons quelques fois, même pas le temps de prendre une pause de 5 minutes dans l'après-midi.
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Les personnes se succèdent dans les chambres à une vitesse incroyable. Une chambre reste vide environ 10 minutes par jours. Le temps de la nettoyer. Quelques fois, elles ont à peine le temps de sécher. Parfois même, j'ai vu des soignants obligés de porter les valises des patients, sur ordre de la Direction, pour les accompagner jusque dans la salle d'attente car la prochaine personne qui devait occuper la chambre était déjà arrivé et qu'il devenait temps pour la personne sortante, de quitter la chambre.

Vous croyez avoir tout vu? Cela vous choque? Vous n'êtes pas encore arrivé au bout de vos peines. L'autre jour, le brancardier me ramène une personne opérée dans le service. La personne est allongée dans son lit et elle est suivie par une dizaine de personnes qui l'accompagnent.
Du bout de couloir, le brancardier me crie: "Quelle chambre, Madame Tre?" Déjà pour le côté discret, tu repasseras. Maintenant tout le monde sait que nous avons quelqu'un qui s'appelle comme ça.

http://www.facsc.ulg.ac.be/Images/agenda.jpgDe mémoire, je lui réponds: "Chambre 1." Sauf que moi, je me rapproche de lui pour ne pas avoir à hurler. Pas de bol. Je me suis trompé mais je ne l'ai su qu'après l'ouverture de la porte de la chambre 1. Il me re-crie de loin: "Non, il y a quelqu'un déjà." Ça m'agace de l'entendre crier de si loin mais je ne lui fais pas de remarque. Je n'ai pas de temps à perdre à lui parler de savoir-vivre et de secret professionnel. Il est grand. Il est autonome. Il se débrouille.

A la place de faire confiance à ma mémoire défaillante, cette fois, je décide donc d'aller vérifier le numéro de la chambre dans l'infirmerie. Pendant que je me dirige vers cette dernière, j'entends parler le brancardier au loin, sans trop comprendre ce qu'il me dit. Au moment où je ressors de la chambre et jette mon regard vers la patiente et sa famille, je ne vois plus le brancardier.

Il a disparu. Je ne le vois pas. Il est parti. Je rêve. Il a planté la patiente dans le couloir avec la
http://www.cedric-augustin.eu/images/congres/file_attente_entree_modem.jpg famille et les valises et il est parti. La personne qui vient de se faire opérer est là, dans son lit, dans le couloir, en face les ascenseurs du service et devant la salle d'attente bondée. Inconsciemment, je me dis: "Ça va leur donner certainement envie de se faire opérer tiens."
Tout le monde la voit. Tout le monde la regarde. Tout le monde connais son nom...On l'exhibe comme un trophée ou une bête de foire.

Je suis donc obligé d'abandonner les soins que j'étais en train de faire, et la patiente à qui je les prodiguais pour me consacrer à cette personne que je ne peux tout de même pas abandonner dans le couloir.

Oufff!!! Heureusement, la famille, bien que grimaçante, ne me fait pas remarque mais je sens la nature de nos rapports assez tendus.....D'habitude, celui qui se fait engueuler par la famille, c'est l'infirmier. Là, je sens la pression monter mais personne n'ose crier devant la salle d'attente.

"Pourquoi voulez-vous que je crie sur le chirurgien?? Non seulement il s'en fou mais en plus c'est lui qui m'opère. Non, si j'ai un problème, c'est sur vous que je vais crier, vous êtes fait pour ça et c'est votre job, d'arrondir les angles." Un patient.


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Altaïr 07/05/2008 10:13

Hum, j'avoue qu'en ce moment (et malgré ce que tu dis) j'ai de plus en plus envie de devenir infirmier...(et ça te dirait pas de rejoindre notre équipe, au fait ?)

KBCE 05/05/2008 20:43

Pas facile comme boulot !Mais là le brancardier exagère à peine... nous ne sommes que des numéros, des clients parmis tant d'autre.C'est dommage.Si seulement, tout le monde était comme toi :-)))))Bye bye.

aurél 05/05/2008 18:09

Coucou :) Je viens et bien entendu je lis, je vois en effet que vous avez énormément de pression et de plus dans ton taff tu as la santé des personnes entre les mains. Je me dis que c'est partout la merde mais bon et en de ton article je remarque que c'est vous presque le dernier maillon de la chaine (après l'anesthésiste, le chirurgien, le brancardier) qui en prenez plein la tête alors que vous donnez tout ce que vous pouvez. Vive la reconnaissance !!!!!!!