Avec le retour des beaux
jours, c'est le moment de reprendre les bonnes résolutions avant l'été. 3 fois sur 4, il s'agit de se remettre au sport. Normal, il faudra dépoussiérer le maillot. Ça c'est facile. Mais dès qu'il
s'agit d'y rentrer dedans, en général, tout devient plus compliqué. Et enfin ce qui est carrément mission impossible, c'est de pouvoir non seulement y rentrer dedans mais aussi de ne pas
avoir de bourrelets disgracieux qui débordent du maillot sinon c'est
la loose.
Alors, avec ce soleil, le sport numéro un, c'est
le footing. J'ai la chance de pouvoir habiter pas loin d'une aire aménagée pour le footing urbain. Trooooppp biennnn. On
respire les pots d'échappements sans s'en rendre compte puisqu'on court au milieu des fleurs et des platanes, entre deux routes nationales à grande circulation. Mais quand on est vraiment motivé,
on oublie tout et on y va!
Dernières chaussures profilées aux pieds, dernier cuissard à la mode.... me voilà sur les sentiers. Avant je courrais avec des chaussures pourries et des tee-shirt complètement
déformés. Croyez-le ou pas, personne ne me disait
"Bonjour" et tout le monde semblait avoir peur de moi. Quitte à s'écarter de ma route. C'est ça la différence entre le
footing urbain et le
footing champêtre. Il faut être class'.
Maintenant que je suis tout clinquant, je bombe le torse, je fais de grandes foulées quand je croise des personnes et au moment de doubler une jeune fille un peu canon, je reste en apnée
pour qu'elle puisse se rendre compte que je ne suis même pas essoufflé. Quitte à m'effondrer de fatigue 500 mètres plus loin derrière un buisson. Mais maintenant,
quand Dan dit
"Bonjour" de sa voix suave, tout le monde lui répond
"Bonjour", ou presque.
C'est bien
le footing. On fait des rencontres. Mais des fois, pour arracher un simple regard à la personne qui vient en face, c'est quasiment impossible.
Parmi les plus asociaux, qui sont souvent des filles. Et surtout celles qui ont des écouteurs dans les oreilles. Elles regardent leurs pieds en général et vous croisent comme si vous
n'existiez pas. Évidemment elles ne vous entendent pas et en général elles bombent, encore plus, leur torse que moi.

D'après mes statistiques, 1 fois sur 20 environ, elles bomberont tellement le
torse et lèveront tellement leurs têtes qu'elles en oublieront de regarder où elles mettent les pieds et
patatrac! Elles trébuchent...mais sans tomber. Attention, en
milieu urbain, on trébuche avec classe. On ne tombe pas et on fait comme si de rien n'était.
Ensuite il y a celles qui n'ont pas des écouteurs dans les oreilles mais qui courent avec des lunettes de soleil qui semblent effacer tout les gens qu'elles croisent de leur champ de vision.
Alors, on peut toujours se faire remarquer et lancer un
"Bonjour" ... mais si vous vous attendez à une réponse, vous pouvez attendre longtemps. D'une part, parce qu'elle ne vous voit pas,
justement à cause de ses
super-lunettes, d'autre part, parce qu'elle est tellement concentrée sur son souffle, que vous répondre, lui ferait perdre son rythme. Vous seriez alors la
cause d'une mauvaise performance susceptible de lui faire rater les prochains jeux olympiques.
Après quelques échecs, je baisse alors la tête et me concentre moi aussi sur mes pas et ma respiration. Il semblerait que personne ne veuille communiquer. Certains courent avec des défauts
facilement que l'on pourrait facilement corriger ou avec du mauvais matériel mais ils vous snobent carrément. Je vous parle en connaissance de cause puisque j'ai fais quelques années
d'athlétisme.
C'est ça le footing urbain..... c'est....
bizarre.

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