Il parait que travailler entre mecs, ce n'est
pas tous les jours très simple.
Il parait que travailler entre filles, c'est pire que travailler entre mecs.
Ilparait qu'un mec qui travaille au milieu de filles... les apaise.
Je ne sais pas si ce sont toutes les filles ou juste celles que je côtoie mais chez moi, elles aiment bien les histoires. Mais pas n'importe lesquelles, attention! Non. Seulement ces petites
histoires qui me paraissent complètement insignifiantes mais qui sont pour elles carrément croustillantes et piquantes.
Dans le détail, ça donne: Qui trompe qui? Qui couche avec qui? Qui drague qui? Que est mal dans son couple et qui va se faire jeter par son (sa) futur(e) ex? Qui est cocu? Qui à un beau cul? Et
accessoirement quand même: Qui a changé de voiture? Qui a acheté des sous-vêtements pour 300 €?
Les histoires, ça ne manque pas! Les secrétaires qui se tapent des doc', les infirmières qui se tapent des doc', des doc' qui se tapent.... des doc'! Et au final, vous l'aurez compris, les
infirmiers ne se tapent, bien évidemment,... personne! Alors bon, soyons honnête, je ne suis pas envieux de leur situation mais ....
qu'est ce que ça peut me gonfler!!
En général, quand je sens la conversation dévier sur ces sujets là, je fais autre chose que les écouter. Quitte à sortir de la pièce. Critiquer les gens ne m'intéresse pas et se raconter des trucs
aussi futiles non plus. Mais le problème, c'est que, bien souvent, ma fuite ne suffit pas.

On vient parfois me taper sur l'épaule alors que je suis en train de m'imaginer au bord d'une mer turquoise en Croatie, en préparant une piqûre. Si je ne réponds pas, on m'extirpe de mon rêve
par la force. C'est-à-dire qu'on m'interpelle de plus en plus fort et on me tape sur l'épaule de plus en fort aussi.
Un
"Hein, quoi???" qui semble venir d'outre-tombe, marque souvent mon retour à la réalité. Et une fois que j'ai donné ce signal, la fille qui m'a tapé sur l'épaule commence à me
déblatérer toute son histoire d'un coup d'un seul.
Je n'ai souvent, pas besoin de leur répondre. Je ponctue seulement le monologue de
"hum hum...", " hum..." ou encore par la variante "
hum hum hum..." (Il est à noter qu'un hochement de
tête en même temps que les "hum..." est encore plus efficace et ne demande quasiment pas d'effort)
Je suis dans l'obligation d'effectuer cette ponctuation, environ toutes 1 min 23 sec. Certes, ça varie selon les personnes. Mais pendant qu'elles pensent que je les écoute, moi, je compte.
(Une astuce si vous voulez faire comme moi, dites "mississippi" entre 2 secondes. Ça vous aidera à bien respecter la durée du temps sur une minute.)
Si je ne ponctue pas assez vite
de mon
"hum..." ou d'une de ses variantes, en général, mon interlocutrice s'interrompt et me dis:
"Tu comprends??"
Là, un conseil, ne dites jamais "
non"! Sinon, elle
effectue une remise à zéro en un temps record et elle recommence tout depuis le début.
C'est tout l'art de
la communication non verbale.
Le danger, c'est qu'à la fin du monologue, elle me demande:
Qu'en penses-tu? C'est le moment de se montrer astucieux sous peine de se faire piéger! Je ne vais, bien
évidemment, pas répondre: "
Je ne t'ai pas écouté."
En général, j'ai noté qu'elles attendent soit un:
"Tu as raison, je suis d'accord avec toi..." soit "
Peut-être,
oui...". Si je réponds:
"non", je suis mort. Il me faudrait alors argumenter mon
"non" et je ne suis pas dans la capacité de le faire.
Mais le problème, c'est qu'après m'avoir raconté son histoire, elle cherche à me classer. J'ai la vague impression que tout ceux qui ne sont pas avec elle, sont, contre elle! Comme
je ne veux pas de problèmes, j'essaie de me caser dans la première catégorie. Alors il faut prendre parti se mouiller. Je vous conseille le
" Oui, tu as raison.". Je n'ai
pas écouté mais je suis d'accord avec elle
. C'est franc, c'est direct, c'est renforcé par le
"oui". Et, si en plus, je hoche la tête, alors là, elle est aux
anges!
Du coup, maintenant je me sors presque de toutes ces situations de ragots. Alors, bon! C'est vrai que je m'expose à être taxé de "
faux-cul" mais à vrai dire, je m'en fiche pas mal. Je
préfère être "
faux-cul" et serein que trop "
franc" et les voir me bouder et me pourrir, pendant 15 jours.
La sérénité au boulot n'a pas de prix...

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