Le boulot en ce moment, ça me gonfle! J'en ai marre!! J'ai envie des fois de tout plaquer et de partir sur une île déserte.
Mon employeur pourrait alors toujours essayer de m'envoyer une lettre de licenciement pour abandon de poste, il n'arrivait jamais à me localiser. Je pourrais ainsi me filmer en train de lui
chanter dans un costume de poussin jaune fluo:
Au revoir Président! Au revoir, au revoir, Présiiiident!!
Non mais plus sérieusement, des fois, je sature. Je ne parle pas d'un
burn-out, première cause de démission chez les personnels paramédicaux mais je parle d'un
ras-le-bol
général. Les raisons? Elles sont multiples.
On me prend la tête pour des conneries ce qui a pour conséquences de me faire râler à longueur de journée en ayant la vague impression de traîner ma carcasse dans des couloirs aussi vides
que aseptisés.
Je n'entends que les mots:
productivité, entreprise, argent, euros, rentabilité, économies... et ça me gonfle parce que moi je parle
soins, qualité, lien social, temps, relation
d'aide...
Comment voulez-vous qu'on se comprenne si on ne parle pas le même discours?

Dans le même ordre d'idée, la Direction parle de "nombre d'infirmiers" proportionnel au "nombre de patients présents dans le service". Moi je leur parle " nombre d'infirmiers" proportionnel à la
"charge de travail".
Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas beaucoup de patients que forcément il doit y avoir peu d'infirmiers. Quand on a des soins palliatifs, à titre d'exemple... ça demande beaucoup de travail et on
apprécie d'être plusieurs.
Mais là encore, j'ai l'impression de parler dans le vide.
Alors je ressort de mon boulot quelques fois carrément démotivé. J'ai moins envie de m'investir dans la vie de l'entreprise. J'ai moins envie de faire des concessions. J'ai moins envie de déplacer
les montagnes. Putain je deviens carrément blasé en fait! Ça me fait peur que d'y penser!!!
Il y a quelques années, les gens qui venaient se faire soigner s'appelaient des
malades. Ensuite ils ont eu une étiquette de
patients. Maintenant ils passent au stade de
clients et on parle désormais de clientèle. Non mais franchement:
Au secouuuurrrs!!!
D'ailleurs ce n'est pas rare d'entendre à la télé que les retraités sont les plus gros consommateurs de soins. Rien ne vous choque dans cette phrase? Moi si, le mot
"consommateur".
Le mot "consommation" me fait imaginer une grande surface de la santé où il suffirait de lire sur un encart publicitaire: "Opération de la prostate: -50%", "Deux dafalgans achetés, le
troisième offert", ou encore en extrapolant on pourrait aller voir du coté de la criée, remplaçant la marée et on entendrait: PROMOOO SUUURR LEESS SUUUPPOOO, AAPPROOOCHHEEZZ!!
Hallucinant.
Voilà, ça, c'est dit!! Je me sens mieux et je garde la banane!
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