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Jeudi 17 avril 2008

Les 10 paroles que je n'aurais jamais imaginé entendre:


1. Une urgence?? Il s'étouffe?? Démerde toi, c'est pas mon secteur.

2. Ce n'est pas grave si tu ne lui donnes pas à manger ce soir, il a des réserves.

3. Ça saigne?? Beaucoup???!!! Ce n'est pas grave, fait un compressif, la relève arrive dans 15 minutes.

4. Elle a vomit? Ça ira mieux alors maintenant!

5. Dan, s'il te plaît, tu peux refaire le pansement de la chambre 07? J'ai pas envie de me le taper demain. Il me

 gave.

6. Waouuuuh!!! Le mari de la nana à la chambre 06!! Il a un cul..... waouhhh!!!

7.Tiens, regarde Dan! T'en penses quoi de mon nouveau string?!

8. Rhô la secrétaire du deuxième, elle s'habille comme une pétasse.

9. Si je me retrouve seule dans l'ascenseur avec lui, je le viole!
 
10. Monsieur Dan, ça coûte moins cher de vous faire faire des heures supplémentaires que de payer un intérimaire,

alors ne râlez pas, soyez compréhensif.
 

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Lundi 14 avril 2008

Je suis très cartésien, sans doute mon coté scientifique qui ressort un peu trop parfois. Alors aujourd'hui, je cherchai des vidéos d'ovni pour voir si j'arrivais à les expliquer .... ou pas.

Des vidéos, il en existe à la pelle. Les ovni en Chine, en Amérique, en France... On se croirait dans une saga avec plein de volets différents.A en croire la toile ils sont partout. Mais ils ne doivent pas être si partout que ça, parce que moi, je n'en ai jamais vu.

Mais j'avoue que je ne peux pas expliquer certaines vidéos qui paraissent pourtant, si réalistes.

Alors d'après vous, les extraterrestres, ils existent ou pas??

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Dimanche 13 avril 2008
Voilà le buzz du jour. Ecartez les enfants parce que la vidéo peut être choquante. Max Mosley.... qui est-ce?


Biographie
: Avocat de formation, il a mené une modeste carrière de pilote dans les années 1960 avant de participer à la fondation du constructeur automobile March Engineering en 1969. Après avoir été avec Bernie Ecclestone l'un des membres majeurs de la FOCA lors de la guerre FISA-FOCA, il a accédé en 1991 à la présidence de la FISA puis en 1993 à celle de la FIA, fonction qu'il occupe toujours aujourd'hui.

Comprenez en gros qu'il s'agit de quelqu'un d'hyper influent, qui est aujourd'hui à la tête de la Fédaration Internationale de l'Automobile. En bref, c'est pas un looser...

Sauf que lorsque une vidéo de lui circule sur le net.... elle se propage très vite. Surtout s'il s'agit de sexe. Je m'explique.

Selon le tabloïd anglais, Mosley aurait participé à une orgie avec des prostituées déguisées en uniforme nazi. Une vidéo de la séance viendrait confirmer ces propos.

Selon "The News of the World", Max Mosley, 67 ans, aurait payé cinq prostituées 2500 livres en espèces (environ 3150 euros) et organisé avec elles une orgie qui dura cinq heures. (uh uh, cette forme!!)

La vache, il a la patate quand même!! 5 femmes pendant 5 heures!!!Hey ben, juste pour ça il faudrait lui remettre une médaille, non?

Allez, sans plus attendre,pafffffff, la vidéo (éloignez les enfants):



Orgia sadomaso per Mosley
envoyé par Almiron

Y'en a qui ne s'ennuient pas, quand même!


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Dimanche 13 avril 2008
Avec le retour des beaux jours, c'est le moment de reprendre les bonnes résolutions avant l'été. 3 fois sur 4, il s'agit de se remettre au sport. Normal, il faudra dépoussiérer le maillot. Ça c'est facile. Mais dès qu'il s'agit d'y rentrer dedans, en général, tout devient plus compliqué. Et enfin ce qui est carrément mission impossible, c'est de pouvoir non seulement y rentrer dedans mais aussi de ne pas avoir de bourrelets disgracieux qui débordent du maillot sinon c'est la loose.

Alors, avec ce soleil, le sport numéro un, c'est le footing. J'ai la chance de pouvoir habiter pas loin d'une aire aménagée pour le footing urbain. Trooooppp biennnn. On respire les pots d'échappements sans s'en rendre compte puisqu'on court au milieu des fleurs et des platanes, entre deux routes nationales à grande circulation. Mais quand on est vraiment motivé, on oublie tout et on y va!

Dernières chaussures profilées aux pieds, dernier cuissard à la mode.... me voilà sur les sentiers. Avant je courrais avec des chaussures pourries et  des tee-shirt complètement déformés. Croyez-le ou pas, personne ne me disait "Bonjour" et tout le monde semblait avoir peur de moi. Quitte à s'écarter de ma route. C'est ça  la différence entre le footing urbain et le footing champêtre. Il faut être class'.

Maintenant que je suis tout clinquant, je bombe le torse, je fais de grandes foulées quand je croise des personnes et au moment de doubler une jeune fille un peu canon, je reste en apnée pour qu'elle puisse se rendre compte que je ne suis même pas essoufflé. Quitte à m'effondrer de fatigue 500 mètres plus loin derrière un buisson. Mais maintenant, quand Dan dit "Bonjour" de sa voix suave, tout le monde lui répond "Bonjour", ou presque.

C'est bien le footing. On fait des rencontres. Mais des fois, pour arracher un simple regard à la personne qui vient en face, c'est quasiment impossible.
Parmi les plus asociaux, qui sont souvent des filles. Et surtout celles qui ont des écouteurs dans les oreilles. Elles regardent leurs pieds en général et vous croisent comme si vous n'existiez pas. Évidemment elles ne vous entendent pas et en général elles bombent, encore plus, leur torse que moi.

D'après mes statistiques, 1 fois sur 20 environ, elles bomberont tellement le torse et lèveront tellement leurs têtes qu'elles en oublieront de regarder où elles mettent les pieds et patatrac! Elles trébuchent...mais sans tomber. Attention, en milieu urbain, on trébuche avec classe. On ne tombe pas et on fait comme si de rien n'était.

Ensuite il y a celles qui n'ont pas des écouteurs dans les oreilles mais qui courent avec des lunettes de soleil qui semblent effacer tout les gens qu'elles croisent de leur champ de vision. Alors, on peut toujours se faire remarquer et lancer un "Bonjour" ... mais si vous vous attendez à une réponse, vous pouvez attendre longtemps. D'une part, parce qu'elle ne vous voit pas, justement à cause de ses super-lunettes, d'autre part, parce qu'elle est tellement concentrée sur son souffle, que vous répondre, lui ferait perdre son rythme. Vous seriez alors la cause d'une mauvaise performance susceptible de lui faire rater les prochains jeux olympiques.

Après quelques échecs, je baisse alors la tête et me concentre moi aussi sur mes pas et ma respiration. Il semblerait que personne ne veuille communiquer. Certains courent avec des défauts facilement que l'on pourrait facilement corriger ou avec du mauvais matériel mais ils vous snobent carrément. Je vous parle en connaissance de cause puisque j'ai fais quelques années d'athlétisme.

C'est ça le footing urbain..... c'est.... bizarre.

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Vendredi 11 avril 2008
Il parait que travailler entre mecs, ce n'est pas tous les jours très simple.
Il parait que travailler entre filles, c'est pire que travailler entre mecs.
Ilparait qu'un mec qui travaille au milieu de filles... les apaise.

Je ne sais pas si ce sont toutes les filles ou juste celles que je côtoie mais chez moi,  elles aiment bien les histoires. Mais pas n'importe lesquelles, attention! Non. Seulement ces petites histoires qui me paraissent complètement insignifiantes mais qui sont pour elles carrément croustillantes et piquantes.

Dans le détail, ça donne: Qui trompe qui? Qui couche avec qui? Qui drague qui? Que est mal dans son couple et qui va se faire jeter par son (sa) futur(e) ex? Qui est cocu? Qui à un beau cul? Et accessoirement quand même: Qui a changé de voiture? Qui a acheté des sous-vêtements pour  300 €?  

Les histoires, ça ne manque pas! Les secrétaires qui se tapent des doc', les infirmières qui se tapent des doc', des doc' qui se tapent.... des doc'! Et au final, vous l'aurez compris, les infirmiers ne se tapent, bien évidemment,... personne! Alors bon, soyons honnête, je ne suis pas envieux de leur situation mais .... qu'est ce que ça peut me gonfler!!

En général, quand je sens la conversation dévier sur ces sujets là, je fais autre chose que les écouter. Quitte à sortir de la pièce. Critiquer les gens ne m'intéresse pas et se raconter des trucs aussi futiles non plus. Mais le problème, c'est que, bien souvent, ma fuite ne suffit pas.

On vient parfois me taper sur l'épaule alors que je suis en train de m'imaginer au bord d'une mer turquoise en Croatie, en préparant une piqûre. Si je ne réponds pas, on m'extirpe de mon rêve par la force. C'est-à-dire qu'on m'interpelle de plus en plus fort et on me tape sur l'épaule de plus en fort aussi.
Un "Hein, quoi???"  qui semble venir d'outre-tombe, marque souvent mon retour à la réalité. Et une fois que j'ai donné ce signal, la fille qui m'a tapé sur l'épaule commence à me déblatérer toute son histoire d'un coup d'un seul.

Je n'ai souvent, pas besoin de leur répondre. Je ponctue seulement le monologue de "hum hum...", " hum..." ou encore par la variante "hum hum hum..." (Il est à noter qu'un hochement de tête en même temps que les "hum..." est encore plus efficace et ne demande quasiment pas d'effort)

Je suis dans l'obligation d'effectuer cette ponctuation, environ toutes 1 min 23 sec. Certes, ça varie selon les personnes. Mais pendant qu'elles pensent que je les écoute, moi, je compte. (Une astuce si vous voulez faire comme moi, dites "mississippi" entre 2 secondes. Ça vous aidera à bien respecter la durée du temps sur une minute.)
Si je ne ponctue pas assez vite de mon "hum..." ou d'une de ses variantes, en général, mon interlocutrice s'interrompt et me dis: "Tu comprends??"
Là, un conseil, ne dites jamais "non"! Sinon, elle effectue une remise à zéro en un temps record et elle recommence tout depuis le début.

C'est tout l'art de la communication non verbale.

Le danger, c'est qu'à la fin du monologue, elle me demande: Qu'en penses-tu? C'est le moment de se montrer astucieux sous peine de se faire piéger! Je ne vais, bien évidemment, pas répondre: "Je ne t'ai pas écouté."
En général, j'ai noté qu'elles attendent soit un: "Tu as raison, je suis d'accord avec toi..." soit "Peut-être, oui...". Si je réponds: "non", je suis mort. Il me faudrait alors argumenter mon "non" et je ne suis pas dans la capacité de le faire.

Mais le problème, c'est qu'après m'avoir raconté son histoire, elle cherche à me classer. J'ai la vague impression que tout ceux qui ne sont pas avec elle, sont, contre elle! Comme je ne veux pas de problèmes, j'essaie de me caser dans la première catégorie. Alors il faut prendre parti se mouiller. Je vous conseille le " Oui, tu as raison.". Je n'ai pas écouté mais je suis d'accord avec elle.  C'est franc, c'est direct, c'est renforcé par le "oui".   Et, si en plus, je hoche la tête, alors là, elle est aux anges!

Du coup, maintenant je me sors presque de toutes ces situations de ragots. Alors, bon! C'est vrai que je m'expose à être taxé de "faux-cul" mais à vrai dire, je m'en fiche pas mal. Je préfère être "faux-cul" et serein que trop "franc" et les voir me bouder et me pourrir, pendant 15 jours. 

La sérénité au boulot n'a pas de prix...

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Jeudi 10 avril 2008

A certains moments, dans la vie, on arrive à un tournant. C'est maintenant mon tour.
Pour être bref:

- Soit, je reste dans le service que je suis, malgré la mauvaise entente, mais au moins je suis parfaitement compétent dans ce que je fais.

- Soit, je change de service pour aller dans un endroit où il y a une meilleure entente mais au risque de me mettre aussi en difficulté.

A voir...




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Mardi 8 avril 2008
Comme certains le savent, j'ai exercé en chirurgie esthétique dans un hôpital. Ma première réaction à été d'être surpris de voir tout ce qu'aujourd'hui, on peut proposer en matière de chirurgie esthétique.
On peut refaire: Le nez, le visage, les paupières, les oreilles, les lévres, les petites lèvres, les seins, le ventre, les cuisses, les bras... et j'en oublie certainement! 
C'est très intéressant. L'approche de ces patients est très enrichissante d'un point de vue personnel. Chacun à ses raisons, ses défauts, ses complexes, ses expériences...

Mais je me souviens particulièrement d'une patiente. Elle avait mon âge. Elle venait se faire poser des prothèses mammaires. Elle paraissait détendue, tranquille. Tout semblait se dérouler pour le mieux. Elle était du genre un peu timide. Elle n'osait pas poser des questions ou encore appuyer sur la sonnette. Sa maman, elle, était très présente et l'assistait dans toutes les démarches. Parfois même, comme beaucoup de mamans, quand je posais une question à sa fille, c'est la mère qui répondait à sa place. Je pense même qu'elle devait être encore plus angoissée que sa fille.

Mais c'est impressionnant de voir à quel point l'anesthésie peut faire perdre la tête! Je m'explique.
A sa sortie du bloc, elle passe en salle de réveil puis remonte en chambre. Toute sa famille l'attendait dans sa chambre. Ses amis aussi d'ailleurs. Bref, il y avait tellement de monde dans la chambre que j'avais du mal à faire le tour du lit pour procéder à ma surveillance horaire.
Au moment où j'accède au lit, je réveille la patiente pour lui poser quelques questions et lui donner quelques consignes à respecter. Le b-a-ba habituel.
Au moment où je réveille la patiente, elle bondit dans son lit et dans ce sursaut: me regarde avec des yeux vitreux et globuleux avant de me dire d'une voix remplit d'ivresse:
- Ils sont beaux,hein?
Silence dans la chambre. Je suis le seul à avoir saisit la profondeur de sa question...
-
Ils te plaisent? Ils sont réussit?
Je sens alors tous les regards se poser sur moi. Je me sens devenir écarlate et je ne lui répond pas, prétextant que c'est l'effet de l'anesthésie et que cela va passer.
Ses amis rigolent. Sa mère lui prend la main et lui demande de se calmer. Je sens que sa mère commence à être aussi mal à l'aise que moi.

Soudain, la patiente s'assoie dans son lit, arrache sa chemise du blog, montrant sa nouvelle poitrine à tout le monde et crie en me regardant:
- Quoi??? Ils te plaisent pas??? C'est loupé??? Allez dis-moi comment tu les trouve!!! Dis-moi qu'ils sont beaux!!!!

Sa mère me présente ses excuses à la place de sa fille et lui dit:

- Chhhuuutttt!!! Chuuuuuttttt Arrête!!! Repose-toi!!
Je fais alors sortir tout le monde de la chambre.
Sa fille s'énerve encore davantage et me dit:
- Non mais merde, c'est un mec, toi maman, tu les trouve beaux, c'est normal, t'es ma mère!! Mais lui!! C'est un mec!!! Je veux un avis d'homme!! ALOOOORSSS ils te plaisent mes seins????

Je me vois mal lui répondre "Oui vos seins sont beaux" mais je comprends que la seule réponse que je puisse lui donner pour qu'elle se calme, c'est de lui dire "oui, oui", alors je regarde la mère et répond:

- Euh...Oui, oui.... euhhhh... l'opération semble s'être bien déroulée. Euhhh...l'intervention est réussit. Maintenant vous devez respecter quelques consignes ( Que je n'ai pas encore eu le temps de lui donner et ce qui me permet de reprendre une certaine contenance!)

La patiente s'est alors calmée et le lendemain, elle ne se souvenait plus de rien.... et chaque fois que je devais rentrer dans la chambre, elle rougissait de honte, jusqu'à ce que je lui dise que ce n'était pas grave. Je lui trouvais même une excuse tout faite, en disant que c'était sans doute dû à l'anesthésie.....

Au delà de cette situation, certains sont agités, d'autres calmes.... il parait qu'on se réveille dans l'état dans lequel on s'endort...

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Lundi 7 avril 2008

En général, les films d'animations, ce n'est pas mon truc.

Mais il y en à 2, qui m'ont fait carrément mourir de rire!

Le premier c'est shrek.

Le second c'est l'âge de glace.

Alors voici, le teaser-trailer, d'un film qui ne sortira que le 1er juillet 2009!


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Dimanche 6 avril 2008

(première partie ici)

placement d'une stomieD
ans le courant de la matinée, j'ai la visite des grands pontes. Non, il ne s'agit pas des médecins ou des chirurgiens mais plutôt de la Direction. A la question, "Bonjour Dan, comment allez-vous?" Je ne leur répond qu'un "super, merci". Sans doute à cause de l'effet de contagion de Sandrine.
Même si ça n'allait pas, je n'aime pas me plaindre. Et encore moins auprès de la Direction.
- Êtes-vous seul?
- Non, j'ai une a.s. (comprenez Aide-Soignante)
-
Bien, où est-elle?
- Je n'en sais rien. Et pour cause, je ne l'ai plus vue depuis une bonne demi-heure. Elle ne répond pas à mes appels et je ne l'ai pas trouvé non plus dans aucune des chambres du service. Alors en vain, je me suis résigné à devoir tout faire seul.
- Comment ça vous ne savez pas?? Vous l'avez perdu??
Éclats de rire mondain. Sauf que moi, ça ne me fait pas rire et je leur réponds aussitôt pour couper cour à leurs éclats de rire grandissants:
-
Oui, c'est exactement ça! Dis-je sèchement.


Ils comprennent vite, à l'intonation de ma voix, que je ne plaisante pas.

Le Directeur des Ressources Humaines sort son téléphone de la poche droite de sa blouse blanche, et je le vois lancer deux ou trois coups de fil en se tenant assez en retrait, pour ne pas être dérangée par notre brouhaha local.
Il raccroche, s'approche de moi et devant le regard médusé de l'assemblée, me dit:

- Elle est rentrée chez elle.
Moment de silence, sans doute dû à l'étonnement général.
-
Bien, ben au moins comme ça, elle ne s'embête pas. Je fais quoi alors?
- Je suis vraiment désolée, me dit le DRH, mais comme c'est une intérimaire, on ne peut pas considérer qu'il y a abandon de poste. Ils ont le droit de partir quand bon leur semble. On s'engagera seulement à ne plus jamais la reprendre sur l'établissement.
- C'est hallucinant quand même. Dis-je en regardant mes pieds machinalement.

Les pleurs d'une patiente m'interpellent. Je m'excuse donc auprès de l'assemblée mondaine, et me dirige vers la provenance des gémissements. Il s'agit d'une petite mamie, assise par terre dans sa chambre. Je m'accroupie à ses côtés malgré une forte odeur nauséabonde et lui demande:

-
Qu'est ce qu'il y a?
- C'est la dame... sniff...
-
Qu'est-ce qu'elle à fait la dame?
- Elle m'a dit que j'étais sale et qu'elle ne voulait pas m'aider à changer ma poche...sniff parce que je pue.
- Quelle poche??
- Celle de ma colostomie. ( C'est une poche mise en place pour recueillir les selles car, en général, après un cancer de l'intestin, on abouche l'intestin au niveau du ventre. Et cette poche, quand elle est pleine, il faut la changer. Les patients savent bien le faire seul, mais ont quelques fois, besoin d'aide.)
- Que vous as-t-elle dit?
- Que je puais et qu'elle refusait de m'aider... Sniff... qu'elle m'avait déjà aidé pour la douche et qu'elle ne voulait pas recommencer à me doucher...sniff...et puis elle est partie et elle m'a laissé là...et ma petite dame s'effondre en larmes.

Alors la patiente, délaissée par l'aide-soignante, avait essayé de changer sa poche seule. Seul hic, elle avait une espèce de diarrhée verdâtre. Elle avait tombée la poche par terre, répandant ses selles liquides partout dans la chambre. Elle avait ensuite appuyé sur la sonnette d'urgence et c'était l'aide-soignante qui, à nouveau, s'était présentée la première. Elle avait non seulement refusé de l'aider mais avait éteint la sonnette et lui avait fait assez de reproches pour mettre la patiente en pleurs. Elle s'était ainsi assurée que la patiente ne ré-appuierai pas sur la sonnette sous peine de se faire sermonner à nouveau. Puis, apparemment, elle était rentrée chez elle sans rien me dire de l'évènement.

J'ai alors un profond dégoût pour cette aide-soignante doublé par des hauts-le-coeur dûs à l'odeur.

- Ne vous inquiétez pas. Je vais le faire moi. Je vais chercher le matériel et on va changer la poche, reprendre la douche et je vous aiderais à vous changer les habits.
- Mais regardez, il y en a partout.
- Mais ce n'est pas grave. Pendant que vous serez sous la douche, je ferais changer les draps de votre lit et on nettoiera le sol. Dis-je en l'asseyant sur un fauteuil.

J'entends un bruit derrière moi. Le Directeur des Ressources Humaines vient d'assister à toute la scène. Ses traits se sont durcis. Je l'ai rarement vue avec cette mine là. De toute façon, je l'ai rarement vue tout cours. Notre première et dernière rencontre avait été lors de mon entretien d'embauche. Alors que je le regarde, il me dit:

-
Dan, je te fais monter une aide-soignante de réa de suite. Et je vais m'occuper personnellement de l'autre qui est rentrée chez elle.
Puis, il regarde la patiente et me dit toujours:
- Elle, elle à fini de travailler! Je vous assure qu'elle ne pourra plus jamais retravailler!

Autant mon DRH peut être cool, autant il ne faut pas le chauffer. Je sais que là...il va s'occuper personnellement de son cas jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut!!! De toute façon, on ne peut pas fermer les yeux devant ça.

Alors que je sors de la chambre pour aller chercher tout le matériel dont j'ai besoin, j'entends mon DRH expliquer la situation auprès de ses compères mondains.

Je regrette déjà de faire des heures sup'...

Ça va chier.

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Samedi 5 avril 2008

Infirmerie pouilleuseMes heures sup', je les ai faites dans un  autre service que le mien. En général je n'aime pas trop me balader ailleurs mais là, je n'ai pas eu le choix. "Ah au fait Dan, vous êtes prévu dans le service là-bas, dans l'autre aile du bâtiment" m'avait dit mon chef, le matin même, à 7h.

Alors sous l'effet de la surprise, doublé de celui de la fatigue, je n'avais pas vraiment contesté. Seulement un peu grogné en fronçant les sourcils.
Apparemment, je n'étais pas assez dissuasif dans ma mou, puisque quelques minutes plus tard j'étais en poste.

Je prends connaissances du programme de la journée et je vois que je devais préparer des blocs. Attention, ça ne veut pas dire que je devais préparer le bloc opératoire. En fait, je devais préparer des gens à partir au bloc se faire opérer. On appelle ça: des blocs! C'est plus impersonnel et ça ramène des gens à des choses. C'est plus excitant de se dire que ces gens vont être mes choses.

Me voilà dans mon infirmerie, seul maître à bord. Tout m'appartient et ici au moins, il n'y a pas de chef. Enfin si, moi. Je m'auto-proclame vite fait: chef! Ca promet d'être plutôt sympa!! Personne pour m'imposer son organisation. Personne pour râler. Personne pour m'emmerder.
J'ai 15 personnes à préparer. Cool!! Je suis entraîné pour en préparer 10 en une heure. Alors en préparer 15 dans une journée.... franchement...cool!!

Commençons par chercher le matériel. Où sont les cath? Où sont les perfuseurs? J'ouvre les placards, les tiroirs, les portes battantes, la pharmacie. Rien! Aucun matériel! J'ai trouvé une misérable araignée dans le coin supérieur droit de l'armoire à pharmacie.

Déjà ça me gonfle de changer de service parce que, en général, je passe les 20 premières minutes à chercher le matériel, mais là, en plus, je n'ai même pas besoin de chercher quoique ce soit. Il n'y a rien. Les tiroirs sont vides. Les dossiers médicaux idem. Pas de médicaments dans la pharmacie.
En gros, j'y vais, à la bite et au couteau.Elle est grosse hein?! Owi owi!!
Je dois préparer les premières personnes... sans matériel. Pas de problèmes.

Je m'assied à l'ordinateur et je tape LA commande du siècle. J'ai commandé de tout, en quantité industrielle avec comme message en bas de ma commande: Livrez-moi vite, je suis fauché comme les blés. Merci de m'apporter la commande, je suis tout seul.
20 minutes après, l'infirmerie était pleine de tout,et là, alors que je me prenais enfin pour un vrai calife dans son riche palais:
toc toc toc
- Oui entrezzzzzzzz!!!!
- Bonjour chui l'aide soignante pour la journée.
- Salut, je suis le calife l'infirmier pour la journée.
- Ah, super, Sandrine, enchantée.
- Ben moi c'est Dan l'infirmier sadique. Tu veux te changer? (Elle était habillée en jupe....Vêtement peu pratique pour l'exercice d'aide soignante, quoique....ça dépend ce que je lui vais lui demander....bref, reprenons nos esprits)
- Ouais! Me répond-elle en mâchouillant bruyamment son chewing-gum, la bouche ouverte et bien face à moi. D'ailleurs à une ou deux reprises, j'ai cru apercevoir la luette.
- Je tends mon index vers la droite.
- Tu vas là-bas, deuxième porte à droite
- Ok super!
- Avec plaisir...
Elle revient, tirée à quatre épingles...toujours en mâchouillant sont chewing-gum sans fermer la bouche.

-
Y'a du boulot?
- 15 blocs à préparer...Tu connais la chirurgie?
- Super, ouais!
- Bien, je te fais un bout de relève et on démarre! Ne te soucis pas du matériel. Il y a ce qu'il faut!
- Super!
J'esquisse un sourire à l'idée qu'elle va me dire "super" à toutes les phrases, toute la journée!

Fin de relève. Je n'ai pas compté les "super" mais il doit bien y en avoir déjà une quinzaine...Je lève les yeux au ciel et me dirige vers mon chariot de soins...

C'est parti.

 

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