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Mardi 13 mai 2008
http://www.lbi-france.com/cauchemar/galery/panneau.gifOn a tous nos phobies. Ninie, ma collègue, n'aime pas les araignées. Marie, n'aime pas insectes. Ca, c'est quand vous êtes chez vous.

Mais dans l'hôpital, on à d'autres phobies que nous n'avons pas, une fois la tenue rangée dans le vestiaire. Je connais Émilie. Une jeune infirmière qui... déteste le sang et qui tombe dans les pommes quand un pansement saigne un peu trop. Je connais Véronique, qui a la phobie des piqûres et pourtant elle pique des malades tous les jours sans ciller. Et j'en passe.

Il est 1h du matin. Le service est calme. On peut regarder la lune par la fenêtre de l'infirmerie malgré quelques nuages. Il semble y avoir un peu de vent, ce qui  force les nuages à filer. Il n'y a pas un bruit dans le service. Il règne un silence de....mort! Et je pèse mes mots! Pas une sonnette, pas un cri.
Je suis assis dans l'infirmerie, en tête-à-tête avec Béa, l'aide-soignante. Nous sommes éclairés par l'unique lumière blafarde du négatoscope. Elle feuillette Gala en regardant plus les images que le texte. Je regarde les étoiles.

Tout aurait pu aller pour le mieux si nous n'avions pas eu un décès pendant la nuit. Ce n'était
pas une surprise car c'était déjà annoncé comme imminent. La famille avait même, été mise au courant quelques jours auparavant. Je vous passe les détails de la toilette mortuaire, de l'emploi de la pince et du coton. Le genre de truc que je n'aime pas du tout faire. Même si on est deux dans la chambre, personne ne se parle. Les regards sont furtifs. On fait attention à chacun de nos gestes. On habille la personne avec douceur et délicatesse. On la scrute. Je regarde son visage. Jehttp://b5.img.v4.skyrock.com/b51/olenforcedu26/pics/163367283_small.jpg sais que même après la mort, le corps peut encore bouger de par les nerfs et les muscles.

Cette idée me fait déjà frémir à l'idée que ça puisse se produire et que cela me surprenne. Alors je ne quitte pas son visage des yeux. La lumière est tamisée. Je le scrute. Il me scrute. Pour l'habiller, je dois me pencher sur lui. J'ai l'impression qu'il me quitte pas des yeux, même les paupières fermées, ou quasiment. Je dois lui attraper la main de l'autre côté. Il ne bouge pas: Ouff!! Je crois que s'il venait à ouvrir les yeux alors même que je suis penché sur son visage, je crois que mon coeur s'arrêterait vraiment de battre.

Avec Béa, nous nous redressons et nous le regardons. Il est classe. Une personne décédée peut-elle vraiment être classe? Je ne sais pas. En tout cas il est bien habillé, qui plus est avec ses vêtements du dimanche. Il semble paisible. Apaisé. Loin.

Maintenant que ça c'est fait, il faut le descendre au dépositoire, vu que sa famille ne viendra pas le voir. On ne peut pas le laisser en chambre au-delà d'un certain délai  pour des raisons sanitaires. Je reviens donc à l'infirmerie et je compose le numéro de téléphone de l'étage au-dessus.
Je sais qu'elles sont deux infirmières au-dessus. Quelqu'un devrait pouvoir me remplacer sans trop de difficultés, le temps pour moi d'aller au dépositoire.

10 minutes plus tard, me voilà devant l'ascenseur avec la personne dans son lit. Béa m'accompagne. Les portes s'ouvrent. Nous quittons le service qui semble être, toujours aussi calme.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent à nouveau. On sort. Nous nous dirigeons vers un autre ascenseur, celui qui mène directement au dépositoire. Nous traversons couloirs et services. On ne croise personne. L'hôpital est désert. Les lumières sont allumées une sur trois, ce qui nous fait passer dans des zones d'obscurité où je peine à voir ma collègue qui est pourtant juste de
l'autre coté du lit. Les passages obscurité-lumière se succédent.

http://08.img.v4.skyrock.com/082/onlyblackdeath/pics/214617858.jpg Je regarde mon patient. Il ne bouge pas. Il semble toujours aussi paisible mais ses traits commencent à se figer et se durcir. Il a effacé le sourire de sérénité qu'il affichait au départ. Sa bouche semble vouloir s'ouvrir mais je n'y fais pas attention au premier abord. Je suis pressé d'arriver.

Nous voilà aux seconds ascenseurs. Sans trop les attendre, on rentre dans le premier qui s'ouvre. On tape: -2: Sous-sol. Les sous-sols, c'est flippant. Encore moins de lumière. Des fils dénudés par-ci par-là. Des murs en béton brut. Des tags sur les murs. Il y règne souvent un froid de canard et une odeur de renfermé. La particularité des sous-sols, c'est qu'il n'y a aucun fléchage. Il y a des intersections tous les 10 mètres car les couloirs sous-terrains desservent la totalité de l'établissement. Vous l'aurez compris, on peut donc s'y perdre vite fait, bien fait.

Oui mais encore faut-il pouvoir accéder aux sous-sols. Je m'explique.

Hhhhhhhhhhiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Craaaaaaaaack

L'ascenseur s'est bloqué. Me voilà avec mon aide-soignante et ma personne décédée, serrés comme des sardines dans un petit ascenseur avec pour seul éclairage, la veilleuse d'urgence.

Là, je comprends et je pèse la nature de ma phobie à l'hôpital. Rester coincé dans un ascenseur, en pleine nuit, dans un hôpital désert de toute activité, sans éclairage..... et avec un mort, c'est flippant!

J'appuie frénétiquement sur tous les boutons. Par chance, je trouve celui d'urgence qui me relie au poste de sécurité. Comme toujours dans ces cas-là, personne ne peut vous aider dans la minute. "Ne bougez pas, j'appelle le service de dépannage des ascenseurs de nuit".

Ne bougez pas, ne bougez pas..... 
il en a de bonnes, lui. Il veut que j'aille où??? Béa est aussi nerveuse que moi. Les "Putain, c'est pas vrai!!!" fusent. On est coincé entre le lit et le mur de l'ascenseur. On est face au visage de la personne qui est maintenant aussi blanche que ma blouse.

Une main a glissée pendant l'arrêt brutal de l'ascenseur. Le membre pend entre Béa et moi. Je ne m'en étais pas rendu compte tout de suite. Au moment où je l'attrape pour la remettre sous le drap, je regarde  le visage de la personne comme pour essayer de déceler une grimace de douleur. Rien. Je regarde alors Béa et j'essaie d'esquisser un sourire pour calmer la tension qui devient maintenant palpable.
Ne pas se laisser surprendre.... ne pas se laisser surprendre..... ne pas se laisser surprendre.... La phrase se répète dans ma tête.

Je fixe le teint blafard du patient dont le visage est à peine éclairé par la veilleuse d'urgence et soudain, un oeil s'ouvre, la bouche aussi et j'entends:

RrRrRRRrrOooOOOoOOOOoAAaaAAAAaaAATttTTTtTTTTTttT  PPPppPPPPsSSSSssCCCccCCChhHHHHHHHH

Il vient carrément de roter!! J'hallucine!! Merde!! Putain!!! Il rote!!! Béa!!!! Il rote!! Putain de merde!!

Rester calme, rester calme, rester calme....ne pas céder à la panique.

Lui fermer la bouche, lui fermer la bouche, lui fermer la bouche.....vite, avant que ça recommence.

Mes gestes sont tremblants et imprécis mais je me débrouille tant bien que mal. Ma conscience semble me crier: OUUUUUVVVVVRRREEZZZZZZ - NNOOOOOOOOUUUUUUUUUUSSSSSSSS!!!!!!!!!!

Nous avons attendus... 20 minutes dans le noir. Ça m'a paru une éternité!! Puis heureusement Monsieur le dépanneur est arrivé assez vite avant de nous sortir de là. C'était la première fois qu'il voyait un mort. A l'ouverture des portes, quand il a vu le patient dans son lit, son regard s'est figé. Il est devenu aussi pâle que le patient. Il s'est tourné. Il a vomi.

http://www.emmanuelmorand.net/thot/thotpsychostasie.jpg







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Mardi 13 mai 2008
Nouveau concept pour une nouvelle formule et un nouveau jeu: Le guest blogging.

C'est quoi?
- C'est assez simple. Ça s'adresse en général aux personnes disposant de blogs mais tout le monde peut participer. Le principe consiste à écrire et publier un  texte/photo/vidéo sur un autre blog que le votre.

L'intérêt?
- Il est multiple.
  • Pour vous, il s'agit de vous faire connaître et de montrer vos talents à d'autres visiteurs que les vôtres. En espérant bien sûr, que certains visiteurs vous suivent sur votre blog et qu'on parle de vous sur la toile. Vous vous faites ainsi remarquer.

  • Vous pouvez aussi le faire juste pour "le fun" d'avoir écrit quelque chose que vous n'auriez jamais écrit sur votre blog car cela peut être très différent de l'esprit de votre blog.
  • Vous pouvez ainsi vous essayer sur des thèmes, des sujets et vous confronter à d'autres internautes et à leurs avis.
  • Pour la personne qui héberge votre écrit/photo/vidéo.., l'intérêt est de proposer un contenu varié sur son blog et de connaître de nouvelles personnes.

Comment participer?
Vous êtes intéressés?? Pas de problème, je suis prêt à vous héberger. Il vous faut faire un article de votre choix avec texte/photo/vidéo à votre convenance et me le soumettre à cette adresse:

ide31@hotmail.com

Dès la réception de votre article,  je vais l'étudier et évaluer les possibilités de mise en ligne. Je me réserve le droit d'accepter ou non la publication de certains articles en fonction de leur qualité et de leur contenu. Toutefois, je ne modifierai pas votre article! Il va se soit qu'un article au contenu pornographique et écrit en langage sms n'a pas sa place ici, par exemple.

Merci de préciser dans vos mails, à la fin de votre article:
- Un pseudo (Si vous désirez être reconnu)
- Une adresse de blog (Si vous en avez une)
- Une description rapide de votre blog. ( Pas la peine d'en mettre des tonnes, une phrase suffit)

NB: Si vous souhaitez le faire de façon anonyme, vous en avez le droit. Je ne mettrai, alors aucune information vous concernant.

Faites chauffer vos claviers...

A venir: Je prépare un jeu, où tout le monde devrait donner un mot au hasard en commentaire à un article, et le but serait pour les intéressé(e)s d'écrire une histoire rassemblant tous les mots donnés, même les plus farfelus.
A titre d'information, certains seraient-ils prêts à relever le défit??
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Lundi 12 mai 2008
Toc toc toc
- Monsieur ouvrez!!!Il Il y a quelqu'un??? Ouvrez!!!
J'ouvre à peine un peu la porte et je vois un gros malabar.
- Euh...oui?? Bonjour...
- Bonjour. C'est vous, l'infirmier??
Il me veut quoi bordel...
-
Oui c'est moi, pourquoi??
- Suivez-nous!
- Je dois sortir??? Comment ça?? Attendez, pourquoi ferais-je ça?
- Allez, il n'y a pas de temps a perdre, on vous expliquera plus tard. Ne discutez pas! Vous avez une fenêtre qui donne sur le parc?
 Tiens il parle de lui à la troisième personne, ça devient de plus en plus louche cette histoire...

- Heu...oui....
Il  entre, me poussant d'un coup d'épaule. Je m'aplatit contre le mur comme une mouche qui vient de se prendre un revers de la main. Je me tiens avec la main l'épaule gauche. Avec le choc qu'il m'a infligé, j'ai eu l'impression qu'elle allait se décrocher, alors je m'assure qu'elle est encore là, ce qui est toujours le cas: Oufff!!
Deux compères à lui, le suivent. Je ne les avais pas vu. Le premier malabar est tellement large qu'il devait sans doute les cacher. Et voilà le "pourquoi"  de la troisième personne sans doute...
Ma petite voix me dit: Ne surtout pas refaire la même erreur. Instinctivement, je m'écarte de leur route et je les laisse entrer sans opposer de résistance. C'est ce qu'on appelle l'instinct de survie...

Le premier m'interpelle à nouveau.
- Regardez, venez voir....
Je localise la voix dans mon salon. Je le rejoins d'un pas pressé, après avoir relâché mon épaule endolorie. Je reste scotché et je murmure un:
- Ohhhh laaaa vacheeeeeeeee!!!
- Vous comprenez maintenant....
- Putain, putain.....vite, je prends mes affaires, j'arrive!!!
Rassemblant mes affaires, je vois que les deux autres malabars font le tour de mon appartement. Je ne sais pas ce qu'ils cherchent mais je m'en fou.
L'essentiel est de partir et de partir vite........

Je rassemble quelques vêtements, les papiers les plus important et avec mon chat sous le bras, je me jette dans la cage d'escalier. Je sors à grandes enjambées et je met tout dans la voiture. La chat n'a rien compris à la situation mais ce n'est pas grave. Je lui expliquerai ça plus tard. Il a compris que  l'heure n'étais pas à l'amusement est c'est de loin l'essentiel.
Je vois mes voisins qui courent dans tous les sens.
Je jette à nouveau, un regard vers la direction que m'avait montré le malabar en costume de pompier, à travers ma fenêtre et je vois des flammes. Elles doivent bien faire une douzaine de mètres de haut. Elles sont jaunes, rouges, oranges et semblent grandir de minutes en minutes.
De mon parking, j'entends les craquements de l'incendie. La maison qui est en face de mon bâtiment, à seulement quelques dizaines de mètres, brûle. J'entends le bruit que fait l'eau en sortant des lances des pompiers. J'entends les sirènes de la police, des pompiers. Je vois des gens courir dans tous les sens.

L'odeur de brûlé m'arrache à mon cauchemar, et je me dépêche alors de partir tandis qu' un épais nuage de fumée noire est en train de déposer des cendres sur les voitures.

Escorté par la police, pour une fois, je grille toutes les priorités devant chez moi et même le feu rouge. Ils me guident jusqu'à un parking où une zone pour les "sinistrés potentiels" que nous sommes, avec mon chat, pourrons attendre pour revenir dans leur maison. Si toutefois, elle n'a  pas brûlée dans la nuit.

Je n'ai pas dormi de la nuit mais j'ai pu réintégrer mon appartement sans trop de difficulté ce matin. Le feu a été bien maîtrisé et les résidences ne sont apparemment pas touchées. Ont brûlés, seulement quelques végétaux et quasiment l'intégralité de la maison, d'où s'échappe encore un filet de fumée ce matin.

Je range mon chat, je pars travailler.

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Dimanche 11 mai 2008
Avec un peu d'avance, je passe un petit mot pour le 12 mai qui est non seulement la journée internationale de l'infirmière mais aussi la fête de l'infirmière:

fête des infirmières le 12 mai, pensez-y!!

Alors pour les cadeaux, hein, pas de blagues, on évite de se mettre de la vaseline et de la bétadine partout. On évite aussi de s'asperger d'alcool modifié dans les couloirs du service.

Par contre, on oublie pas de laisser un mot et une photo dans le livre d'or intéractif, de laisser une photo sur le trombi et on peut aussi glisser directement un petit commentaire à cet article!!!


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Vendredi 9 mai 2008
Je pense que tout est dit dans le titre.

Avant d'être Président de la France, c'est avant tout un homme...

Et comme tous les hommes, il fait des boulettes...

Oui mais, certains hommes font quand même plus de boulettes que d'autres...

Je vous laisse regarder la vidéo des "10 plus grosses boulettes" faites par le chef de l'Etat.



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Jeudi 8 mai 2008
Plume-encreJ'ai écrit une lettre à mon cousin. Il habite loin. On se voit peu, alors comme il n'a pas internet, nous communiquons comme nous le pouvons. On s'appelle évidemment régulièrement mais par la poste, on s'envoie aussi des photos.

Me voici donc, à 15h, dans la file d'attente d'un tout petit bureau de poste. Après un rapide calcul, il y a 20 ou 25 personnes devant moi. Je suis obligé de  patienter devant la porte d'entrée. La queue est trop longue pour me permettre d'être à l'intérieur. Vous remarquerez, dans les files d'attentes,  que nous soyons à Paris, Bordeaux, Lyon, Toulouse ou encore à Bab-el-Oued, il y toujours les même personnes devant nous.

Je jette un regard dans l'assistance. La première personne que je remarque est un homme. Propre sur lui, il est vêtu d'un costard crème et d'une chemise blanche. Les cheveux gominés, tirés en arrière, il attire mon attention parce qu'il regarde sa montre frénétiquement toutes les 1m43sec. Il a la ponctualité d'une personne souffrant de TOC. (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Je remarque aussi qu'à chaque fois qu'il regarde sa montre, il se déhanche,
changeant l'appui de jambe, et il se met à souffler en jetant un regard noir vers l'hôtesse du guichet qui semble faire son travail aussi vite qu'elle le peut. D'ailleurs, à bien la regarder, elle ne sourie pas du tout. Pourquoi? Peut être parce que voir une file d'attente de clients impatients qui s'étire jusque devant le bureau de poste est assez démotivant. D'autant plus quand votre collègue de droite vous crie: "Michéle!!!! Michéleee!! C'est ma pause, je ferme!!! Messieursssss, dammesss, veuillez passer sur la file d'atteeennte de ma collègue!!"

Smiley 0002.gif
Maintenant, la queue s'étend jusque sur le parking. L'hôtesse du guichet tapote frénétiquement sur une calculatrice et baisse la tête comme quelqu'un au bord de la dépression. Pourvu qu'elle n'ai pas l'idée de se suicider aujourd'hui en se poignardant avec la paire de ciseaux posée à coté d'elle. Il me faudrait revenir demain et je serais obligé de lui porter secours. Remarque, cela me http://www.autocadre.com/forum/style_emoticons/default/smiley_709.gif ferai passer devant tout le monde. Hum, c'est une solution comme une autre. Après une  courte hésitation, une petite voix intérieure résonne et me pousse à me dire: Allez vas-y, attrape les ciseaux!! Ils sont à côté. Vas-y... attrape-les...qu'attends-tu? Finis-en avec tout ça.  Tu ne souffrira qu'un cours instant et tout sera terminé... pour toujours.

A ma grande surprise, sa main dérape alors sur les ciseaux. Elle les saisit. Je suis étonné de voir que la scène se déroule comme je l'ai imaginée, à ceci près qu'elle coupe simplement un ruban avant de les reposer avec douceur sur le comptoir. Pas de sang. Pas de cris. Pas d'urgence. Merde!!! Je vais devoir patienter et attendre mon tour.

Une odeur m'extirpe alors de ma pensée. Une odeur âcre, amère, acide à vous faire presque pleurer mais qui me tire tout de même un rictus de dégoût. Je tourne la tête derrière moi. Je cherche sa provenance. L'origine n'est pas difficile à trouver. Il y a une personne là-bas, dont tout le monde s'est écartée et que la foule regarde avec dégoût. Il s'agit d'un petit papi. A en juger par la propreté de ses vêtements, j'imagine qu'il a dû changer son slip il y a 6 mois. Comme on dit ici: Il doit avoir les bonbons qui collent au papier. Je vous laisse imaginer!

Smiley avomir 454.gif

Si j'ai de la peine pour lui, certains réagissent avec agressivité et expriment leur dégoût à voix haute, pour être sûr d'être entendu par le principal intéressé.

Je regarde à nouveau la file devant moi. C'est bientôt à moi de passer. Une heure et demi d'attente plus tard, je n'ai pas intérêt à laisser passer mon tour. Les gens sont prêt à vous bousculer, faire tomber, piétiner pour passer devant vous. Mais je suis à l'affût. Personne ne passera, quitte à jouer des coudes de temps en temps.

Ouf!!! Ça y est, je suis passé. Je me met sur le coté car j'ai un papier à remplir avant de le glisser sensuellement, langoureusement, doucement mais sûrement, par la petite fente de la petite boite...jaune fluo!! Vous avez déjà pensé à l'érotisme du fait de poster une lettre? Non?

Tout d'abord il faut la chercher du regard. Ensuite, une fois repérée, il faut vous assurer qu'il n'y à personne devant vous, car la fente n'accepte qu'une lettre après l'autre. Quand enfin toutes les conditions sont réunies, il faut s'en approcher avec douceur. Pourquoi avec douceur?? Parce que si vous y allez brutalement, ça ne sert à rien. Votre courrier ne partira pas plus vite.

Maintenant que vous êtes à proximité et que vous visualisez la fente. Saisissez l'objet à introduire. Prenez la position la plus adéquate en vous tenant bien en face car vous risqueriez de louper la cible au dernier moment et cela peut être gênant. N'oubliez pas, l'essentiel, c'est de ne rien lâcher et de ne pas perdre de vue l'objectif de la mission. Vous avez le droit de toucher la boîte en posant l'autre main dessus, comme pour l'immobiliser. Maintenant vous vous sentez puissant et prêt du but. Elle ne peut plus vous échapper. Remarquez que certains introduisent l'autre main dans la fente avec la lettre pour ouvrir le clapet. S'ils pouvaient y mettre le bras, ils le feraient sans hésiter. C'est sans doute dû à un complexe de la taille de l'objet à y introduire. Ils ont peur que l'objet se torde, se déforme, se plie et ne finisse par ne pas rentrer.

Une fois introduit, l'objet est lâché. L'instant est fugace mais donne le sentiment de la mission accomplie. Ça c'est fait!! On peut même surprendre certaines personnes sourire fièrement après cet acte....

Peut-on pousser le vice à parler de fidélité à une fente bien particulière?! Sans doute que oui... étonnant quand même...

L'infirmier complêtement toqué.

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Jeudi 8 mai 2008
Fais ta pub ici!Depuis quelques jours, je ne cesse de supprimer des commentaires qui ne sont que de la pub. La pub pour des sites/blogs, ne m'intéresse pas. Ce qui a le don de me faire perdre patience, c'est que plus j'en supprime et plus j'ai de la pub.

Se connecter. Ouvrir un commentaire. Laisser une banderole, un lien, ou une animation flash ramenant vers un autre blog ou site, c'est de la pub sauvage. Soyons sérieux deux minutes, je n'ai pas a infliger ces pollutions-là à mes lecteurs et visiteurs.

Néanmoins, je conçois que la pub est importante pour se faire connaître sur la toile. Plutôt que d'agir comme des gens à peine civilisés et de bourrer mes commentaires de pubs, je vous propose une chose.

Je vous met volontairement un lien ramenant vers votre blog/site sur mon blog si vous en mettez un sur votre blog/site ramenant à mon blog.

C'est plutôt honnête,non?

Ainsi nous formerons une communauté de contacts où tout le monde y trouvera son compte sans pour autant imposer quoique ce soit à quiconque.

Si vous souhaitez participer à cette communauté de contacts, merci de laisser "en commentaire" à cet article:
Image subliminale

- Un pseudo.

- Le titre de votre blog.
- Une description du contenu de votre blog.
- Le lien de l'endroit où vous avez mis le lien vers mon blog.

Je vérifierai ensuite que le lien vers mon blog est bien présent et je mettrai ensuite un lien sur mon blog, pointant chez vous.


C'est tellement mieux quand ça se passe bien...
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Lundi 5 mai 2008
http://s.tf1.fr/mmdia/i/86/2/sxc-couloirs-hopital-2368862_224.jpgDes fois nous avons tellement de travail que nous sommes obligé d'aller très vite dans nos actes. Pas  le temps de discuter, pas le temps de rêver, pas le temps d'écouter les malades.
Il faut être rapide, précis, efficace, multitâche, polyvalent, flexible, patient, organisé, productif, rentable, économe et en plus.... il faut se montrer souriant et disponible même si ce n'est pas vrai.

A midi, nous avons une heure pour manger à la pause déjeuner et il arrive que ce soit le seul moment de la journée où nous puissions boire un verre d'eau, manger un bout et aller aux toilettes. Nous n'avons quelques fois, même pas le temps de prendre une pause de 5 minutes dans l'après-midi.
http://www.natureextremedeveloppement.com/archives/transhimalayenne_2003/photos/porteur_kodari.jpg

Les personnes se succèdent dans les chambres à une vitesse incroyable. Une chambre reste vide environ 10 minutes par jours. Le temps de la nettoyer. Quelques fois, elles ont à peine le temps de sécher. Parfois même, j'ai vu des soignants obligés de porter les valises des patients, sur ordre de la Direction, pour les accompagner jusque dans la salle d'attente car la prochaine personne qui devait occuper la chambre était déjà arrivé et qu'il devenait temps pour la personne sortante, de quitter la chambre.

Vous croyez avoir tout vu? Cela vous choque? Vous n'êtes pas encore arrivé au bout de vos peines. L'autre jour, le brancardier me ramène une personne opérée dans le service. La personne est allongée dans son lit et elle est suivie par une dizaine de personnes qui l'accompagnent.
Du bout de couloir, le brancardier me crie: "Quelle chambre, Madame Tre?" Déjà pour le côté discret, tu repasseras. Maintenant tout le monde sait que nous avons quelqu'un qui s'appelle comme ça.

http://www.facsc.ulg.ac.be/Images/agenda.jpgDe mémoire, je lui réponds: "Chambre 1." Sauf que moi, je me rapproche de lui pour ne pas avoir à hurler. Pas de bol. Je me suis trompé mais je ne l'ai su qu'après l'ouverture de la porte de la chambre 1. Il me re-crie de loin: "Non, il y a quelqu'un déjà." Ça m'agace de l'entendre crier de si loin mais je ne lui fais pas de remarque. Je n'ai pas de temps à perdre à lui parler de savoir-vivre et de secret professionnel. Il est grand. Il est autonome. Il se débrouille.

A la place de faire confiance à ma mémoire défaillante, cette fois, je décide donc d'aller vérifier le numéro de la chambre dans l'infirmerie. Pendant que je me dirige vers cette dernière, j'entends parler le brancardier au loin, sans trop comprendre ce qu'il me dit. Au moment où je ressors de la chambre et jette mon regard vers la patiente et sa famille, je ne vois plus le brancardier.

Il a disparu. Je ne le vois pas. Il est parti. Je rêve. Il a planté la patiente dans le couloir avec la
http://www.cedric-augustin.eu/images/congres/file_attente_entree_modem.jpg famille et les valises et il est parti. La personne qui vient de se faire opérer est là, dans son lit, dans le couloir, en face les ascenseurs du service et devant la salle d'attente bondée. Inconsciemment, je me dis: "Ça va leur donner certainement envie de se faire opérer tiens."
Tout le monde la voit. Tout le monde la regarde. Tout le monde connais son nom...On l'exhibe comme un trophée ou une bête de foire.

Je suis donc obligé d'abandonner les soins que j'étais en train de faire, et la patiente à qui je les prodiguais pour me consacrer à cette personne que je ne peux tout de même pas abandonner dans le couloir.

Oufff!!! Heureusement, la famille, bien que grimaçante, ne me fait pas remarque mais je sens la nature de nos rapports assez tendus.....D'habitude, celui qui se fait engueuler par la famille, c'est l'infirmier. Là, je sens la pression monter mais personne n'ose crier devant la salle d'attente.

"Pourquoi voulez-vous que je crie sur le chirurgien?? Non seulement il s'en fou mais en plus c'est lui qui m'opère. Non, si j'ai un problème, c'est sur vous que je vais crier, vous êtes fait pour ça et c'est votre job, d'arrondir les angles." Un patient.


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Samedi 3 mai 2008
http://sqala.blog.lemonde.fr/files/2007/02/priere.1171717117.jpgIl existe parfois des personnes qui valent vraiment la peine d'être connues et reconnues.

C'était noël. Il neigeait et comme presque tous les hivers, la température de l'extérieur ne dépassait guère 0°C. Je regardais la neige tomber par la vitre de l'infirmerie et je me disais: "Mince quand même. Tu râles souvent mais au moins tu es à l'abri.  D'autres travaillent dehors et ils ne se plaignent pas...."
Et puis, comme pour me donner davantage le vertige, je songeais aux personnes qui vivent dans la rue. Celles qui n'ont ni famille, ni lieux pour dormir. Celles pour qui noël, sera au final, un jour comme un autre avec les préoccupations quotidiennes: Où manger? Où dormir? Où aller se laver?

Le genre de préoccupations que moi, petit travailleur modèle, je n'avais pas. J'ai un toit, une salle de bain, de l'eau potable au robinet, un lit...un chauffage... Finalement je suis privilégié. Je me plains, alors que je suis privilégié. Pourtant j'exerce une profession où le social est important. On soigne sans compter. On donne toute notre énergie, notre temps et on dédie notre vie à aider l'autre.
J'avais l'impression de faire le maximum pour lutter contre la misère humaine. Et pourtant. Et pourtant on peut toujours faire mieux, n'est-ce pas?
http://medias.lefigaro.fr/photos/20070113.FIG000000670_22368_3.jpg

L'époque de noël, pour l'hôpital, c'est une période de creux. Pas beaucoup de travail. Peu de personnel. Quasiment pas de patients. Tout le monde profite des fêtes de fin d'années. Je suis seul dans le service. Il règne un silence mémorable. Je sais que le Docteur Praz va passer.
Chaque année c'est pareil, m'avait-on  averti. "Tu vas te faire chier mais tu ne seras pas complètement seul puisque le Dr Praz passera te voir tout au long de la journée. Il n'a plus de famille et travaille tous les noëls."
Alors, je l'attendais ce Docteur, le nez collé à la vitre et perdu dans des songes existenciels. C'est alors qu'il rentre soudainement dans l'infirmerie sans frapper et me demande trois chambres individuelles.

Ma première réaction fut la surprise. Trois chambres individuelles d'un coup??? Mais pourquoi faire??? Il ne me répondit pas. Il insista à nouveau et commença et froncer ses yeux. Je vois encore sa moustache, grisonnante, pointant vers le haut, se mettre à frémir en me redemandant 3 chambres individuelles.

Je lui avais répondu et lui en avait donné trois qui se suivaient dans l'ordre du couloir. J'étais encore loin de me douter de quoi il retournait.
Il était ressortit de l'infirmerie une bonne quinzaine de minutes avant de revenir aussi subitement que la première fois. Maintenant, il me demande de lui montrer le frigo de l'office.

"Une petite faim Mr Praz??" j'avais osé ironiser. Une nouvelle fois: Pas de réponse.

http://www.terra-economica.info/IMG/jpg/sdf_uneW.jpgMais cette fois, je voulais vraiment connaître le fond de l'histoire. Et je découvris...l'impensable!

Monsieur Praz, qui travaillait chaque noël, faisait rentrer des SDF dans l'hôpital pour leur prodiguer des soins et leur offrait la chambre individuelle. En fait, il profitait des fêtes de fin d'années pour occuper des lits qui n'auraient jamais été disponibles en temps normal.
De plus, ils permettaient aux Sans Domicile Fixe, te trouver un lieu de repos, chaud, de manger. Les mauvaises langues diront que c'était l'établissement qui payait les chambres individuelles mais même pas. Le Docteur Praz payait lui-même, de sa poche, tous les forfaits d'hospitalisation. Il leur offrait  également la télévision et leur permettait de téléphoner sans aucune limite.

Il a tout donné sans compter. Un coeur gros...comme ça!!

http://data1.blog.de/blog/s/sophinette56/img/coeur.jpg


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Vendredi 2 mai 2008
Règle n°5: Ne rien lâcher et ne pas laisser s'installer la routine.

Un exemple en vidéo:

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